20/06/2013






Quand j'avais cent dix sept ans 
J'étais belle, ridée, fière et incrédule
De ma bouche édentée gisaient des bulles
Comme celles que font les enfants
En écartelant la bave entre leurs lèvres.






(Petites régurgitations, 2006)





18/06/2013

le stade musical












- Ils ont fait une erreur, ils n'auraient jamais dû amplifier ainsi le karaoké, avec les micros, les enceintes, l'écran et tout le tintouin. Outre le fait que les prestations musicales soient souvent affligeantes, avoue quand même qu'elles sont la plupart du temps tout bonnement insupportables à écouter, pire encore, à entendre.

- Parle moins fort, on pourrait nous entendre. Tu n'es qu'un rabat-joie, laisse donc l'ordinaire vivre subjectivement ses minutes de gloire...








16/06/2013

le cahier











Mother faut que… (2)

Ils ne m'ont pas laissé le choix. 
C’était comme dans un rêve, un voyage désorganisé, non prémédité, la surprise, une décision de dernière minute et nous voilà partis chercher la mer. Un aller-retour, une nuit improvisée dans un hôtel improbable et bruyant tous les quatre dans la même chambre à cinq pas de la grande dame fraîche et bleue. Nous nous sommes jetés à l’eau comme des crevards, des morts de soif. Nous avons dégommés des moules, des glaces, des beignets et des chips parfumées à la banane.
Vingt quatre heures pour un sprint d'amour.
J'en suis ce soir encore toute entourbillonnée°.




°ce mot existe à présent.







13/06/2013

Le voyage








                                  
                                                                          Kolby Kirk



                                                                                                         
  Petit bijou trouvé chez La equilibrista







11/06/2013

la suie





Hors du temps, son souffle faisait naître la rosée sur mes cils. D'une main, j'étalais sur mes joues le charbon de mes yeux. Et dans la douceur de ses mots, je reconnaissais mes violences.




10/06/2013

révolution



Il a pris une paille
Pour avaler la lune
Cul sec



07/06/2013

onanise ton dico...










Je serais bien allée traîner mes semelles dans la grande ville mais mon canapé m’aspire. Je le sens collé à mon dos, la nuque au repos, les doigts agités sur mon clavier en plastique, le canapé de tout son poids plumaire aimanté à mon échine désensoutiengorgée.  Je suis sur le point de dégalérer, rien ne me torte, je ne munche presque plus, j’empestifère de moins en moins, désormais j’illicote à bouffer la vie. Finis les temps où je m’abyssais pour des événements que je décidais désastreux sans philopenser. Tout en autrant, j’arrive à marâtrer, ça me soulage certains muscles. Ici même je m'essaie avec délice à déproser. Et il peut bien pleuvacher, ça ne me déprime pas, j’ai plus envie de passer entre les gouttes, pas plus envie de me parasoler quand l'astre dieu me griffe. 
Tant pis pour la grande ville.













Plumaire : D’un poids insignifiant. Synonyme de  léger.
Ex : Ses revendications étaient plumaires

Philopenser :  Réfléchir à deux fois avant d’agir. S’offrir une profonde réflexion.
Ex : Philopense bien avant de prendre ta décision.

Autrer : Avoir de l’empathie, agir pour autrui, synonyme de  Dénombriliser (se).
Ex : L’Abbé Pierre a autré durant une grande partie de sa vie.

Empestiférer :  Propager sa mauvaise humeur avec une haleine fétide.

Muncher : Pousser un cri en grimaçant de terreur.
Ex : Il a munché en tombant de la falaise.

Torter : Commettre une faute de jugement qui lèse autrui.
Ex : Le professeur torte l’élève en le soupçonnant injustement d’avoir plagié.

Marâtrer : Antonyme du verbe Materner. Prendre sans scrupules des mesures indélicates et des distances (parfois lucides et saines) avec ses enfants.
Ex : Face à l’ineptie acnéique de son fils, elle décida de le marâtrer.

Déproser :  Se mettre aux vers.

Dégalérer : Atteindre enfin une situation stable et sereine.
Ex : Elle dégalèrera en obtenant un cdi.

S’abysser : Tomber bien bas, toucher le fond.
Ex :  Il s’est abyssé lors de l’interview télévisée

Se parasoler : Se mettre à l’ombre, à l’abri des rayons du soleil.

 Désensoutiengorger : Libérer les seins en ôtant son soutien-gorge .
Ex : Lorsqu’elle se désensoutiengorge , elle soulève l’enthousiasme de son amant.

Pleuvacher : Pleuvoir comme vache qui pisse.
Ex : Il pleuvache, prends ton parapluie.

Illicoter : Se dépêcher, ne pas perdre de temps.
Ex : J’illicote faire mes courses avant que le supermarché ne ferme ses portes.




Osez inventer les vôtres: @






05/06/2013

Faites entrer l'aquarelle du rire







Avant de partir, j’ai roulé une dernière clope. En l’allumant, la porte s’est refermée derrière moi et j’ai marché. Les vieilles tongs péguaient sur le bitume encore chaud, un peu comme si  l’été l’avait marqué de son empreinte fugace. Subrepticement. La nuit semblait loin alors qu’elle peinturlurait la rue déserte. Le ciel rose, jaune et bleu comme autant de pastels enchevêtrés, bavant sous les étoiles impatientes de prendre la scène,  d’être vues. Je me suis dit que l’air était doux, très doux, chargé de tendresse. La ruelle qui me menait à mon tacot m’avait déjà et entièrement absorbée quand j’ai ri en repensant à combien on venait de s'marrer. Toi et moi.








04/06/2013

profondeurs


@ Eric.R





Tout va bien quand je consens à n'être qu'un point parmi tant d'autres dans l'Univers, lorsque je concrétise cette acceptation en me jetant à l'eau comme un caillou qui ferait quelques ricochets avant de boire la tasse et de toucher le fond.
Car au fond,  furtifs, fragiles, enivrants, graciles, palpitants et précieux, qu'il y a-t-il de plus magique que les ricochets?






02/06/2013

la cire




L’étrangeté est un concept cognitif et social.
Mais qu’en est-il du mystère et de la pugnacité de mon système pileux ?


31/05/2013

la camisole






t’étais guedin et il aimait ça, fendue raide folle à l’envers au mauvais endroit aliénée offerte irrévérencieuse grégaire égratignée par les débris du hasard écrit et bavassé entre tes lèvres entre tes doigts t’étais chtarbée à en perdre la nuit il aimait avoir peur aux bouts de tes moi ça le faisait rire puis trembler mourir puis recommencer. tu entends encore l'écho tapageur de l'absence se fracasser joyeusement sur les parois fêlées de ta déraison






30/05/2013

Le Rhône




Fleurs d'acacias
parfument le banc
Coule le fleuve
Dans mon sang
Fragments d’écorces
Se cramponnent aux rives
Coule le fleuve
Infiniment
Hautains peupliers
Qui défient le vent
Coule le fleuve
Eperdument
Le chien court
Derrière un faisan
Coule le fleuve
Immensément




28/05/2013

la route




Sauve-toi,
après le barrage,
je prendrai l’A7, 
je descendrai
en chantant
la garrigue
j’irai vers le sud
cueillir l'offrande
d'un calamar grillé, 
l'obstination de l’ail, 
l’érotisme
de l’huile d’olive 
autochtone, 
el passeig
et le sel 
dans ma tignasse
désoeuvrée
je referai les rêves
doux et acides
embruns d'une folie
précaire
et humide.
Après le barrage, 
je briserai le sablier.
Sauve-toi.



27/05/2013

.





Enfant, je l'aurais dépétalée
juste pour savoir 

Combien 

j'aimais.



Je vieillis, 
 et en la regardant
 j'apprends
le

Comment

il est bon d'aimer.






25/05/2013

Saterday Night F(or)ever








Fred astaire & Ginger Rogers


                                                                                                               

                                                                                                                                     @




23/05/2013

je m'endors







Ce qu’il y a de merveilleux avec l’ordinateur portable, c’est que je peux écrire ces mots couchée dans mon lit, sous la couette, mon corps enfin au repos. Il est temps de l’éteindre maintenant et de lire un peu. 
Un bouquin qui s’écroule sur mon nez ça fait toujours moins mal qu’un écran.






22/05/2013

Chergui...





Il fallait s’atteler au désert, c’est en comptant les grains de sable que je m’aperçus qu’il n’était pas aussi vide qu’on le prétendait.
Je fus subjuguée par ces petites choses qui à travers leur interdépendance, leur communion,

enfantaient une dune immense offerte aux vents.




20/05/2013

°°°°°°






Gente de la calle, Joan Colom







Le parapluie
est un objet
répugnant
suintements
d'un ciel douteux
averse sur la serpillère
d’une vieille mégère
qui a fait laver
son lino
qui a fait courber
le dos
d'une aide ménagère
La vieille sorcière
moustachue.
verrue
sur la langue
chat noir
bien d'chez nous
un essaim
dans la gorge
fiel de cactus
c’est l’heure
de la messe
néanmoins
cependant
elle salue
marie
par le trou
de la serrure
d’une voisine
sans vertu
Fauchée
sans le blé
Une voisine
crasseuse
une petite
pouffe
Cul solaire 
une mauvaise fille
sans robe de mariée
à condamner
à crever
de jalousie







19/05/2013




Natte des saisons
Arc-en-ciel dans tes cheveux
Cerises d’automne


17/05/2013

le problème de l'exercice




Les émotions éphémères manipulent souvent les sentiments qui semblaient établis.
Or rien n’est immuable, 
voilà le défi.


16/05/2013

l'anesthésiste




Quand Paul quitte le bloc, il n’oublie jamais de le faire savoir. Ses yeux pétillent, comme un gamin qui aurait terminé ses devoirs avant les autres, il salue ceux qu’il croise en se dirigeant vers le vestiaire. Je le charrie toujours, en lui assénant des « t’es toujours le premier à foutre le camp, toi! » (ce qui est vrai).  Paul se régale de ce genre d’exclamations, il rougit parfois en esquissant son sourire de satisfaction, prenant un air faussement gêné qui ne fait qu'accroître la jubilation qui s'affiche spontanément sur son visage mal rasé.
Ma collègue et moi savons qu’après son passage dans le vestiaire, une puanteur inqualifiable y régnera pour un long moment. En effet, nous avons pu malencontreusement constater que Paul chiait systématiquement avant de partir. Une véritable infection vu l’exiguïté du lieu aux fenêtres condamnées. Voilà pourquoi nous évitons à présent d'y pénétrer après son départ. 
Cela dit et pour être sincère, j’aime bien Paul. J'aime son accent du sud, sa gentillesse et son humilité.



15/05/2013

miss you.








Dessin de Laura,
il y a quelques années déjà...
t'estimo.

14/05/2013




Bac + 24 et une habilitation pour vivre.




12/05/2013

el camino






Etre pleins d’espoirs, en être envahis, gorgés, désespérément imbibés. Au point d'en perdre la lucidité et le sens de la vacuité. Espérer c’est attendre. Attendre c’est occulter l’éclosion de l’instant. Aussi devais-je désacraliser ce qu’il restait de nous. Ignorante et aveugle, je frottais une tomate sur du pain rassis que j'arrosais d'huile d'olive.
Je croyais que le bonheur ne pouvait exister qu’entre quelques étoiles,
alors qu’il résidait depuis toujours dans mes mains.

Mais quelle heure était-il ?
L’heure d’une fleur fanée
et d'un thé au lait.




10/05/2013

le medley




Ce soir en écoutant un pot-pourri musical, je me suis fait la réflexion suivante :
Dans certains domaines, il faut admettre que la lexicologie atteint parfois des sommets de justesse métaphorique.



09/05/2013

sois sage






Photo@Lee Jeffries






C’est beau comme tu vieillis,
tu sais ?
Tous ces chemins gravés sur ta tronche,
comme autant de rigoles,
ruisseaux de l’éphémère,
des lignes enchevêtrées
d’histoires inachevées.
le sel dans ton esprit
Il faut que tu saches
C’est beau quand tu vieillis
dans ta chevelure
des fils d’argent
Insoumis.
Reliefs d’une écorce
qui te défie
Et qui laisse au temps
prononcer
sa magnifique calomnie




07/05/2013








Certains étaient d'agiles athlètes
D'autres se distinguaient par leur bonté
Il y a avait aussi les explorateurs intrépides
Et les vainqueurs acharnés de pouvoir
Enfin, les virtuoses émouvants et appliqués.

Je vous parle de ses doigts.





05/05/2013

le chantier






En réalité, il est aisé de se détacher des "choses". Il suffit de s'en démunir et de réapprendre à faire sans. J'ai  des couilles en or et l'esprit éveillé quand je n'en attends plus rien.
Le détachement de soi, c'est autre chose, une étape en aval, qui féconde la liberté et la plénitude. Il permet d'aller et venir sur le chemin de l'altruisme où les connexions avec le monde qui nous entoure restent fidèles à l'infiniment petit que l'on est. Apprendre en désapprenant, ça te laisse souvent tel un nouveau-né. Devant la sagesse, il faut accepter d'être petit et ignorant. 






04/05/2013

les génies



Lorsqu'ils s'aperçurent que le pragmatisme de la "communication" tapuscrite pouvait déclencher des quiproquos et des guéguerres, quelques hommes eurent la bonne idée d'inventer les smileys.







Depuis toujours
Pouvoir prendre ta main
La savonnette







02/05/2013

La Grandeur du garage






Oui mais ce canapé me sortait par les yeux et j’avoue, c’est entièrement responsable de mes actes que je t'ai fortement suggérer de le récupérer, de le prendre, de te l’approprier. Bref, de m’en débarrasser, au plus vite. C’est vrai j’ai honte, je ne t'ai pas laissé le temps d'y réfléchir, je t'ai sorti ça, presque comme une évidence puisque après tout, tu l'aimais ce canapé vert mante religieuse et qu'à plusieurs reprises tu avais parlé de l'emporter...
Je n'aurais jamais dû récupérer cet engin, j'avais un canapé moi, je n'en avais pas besoin d'un autre. Je ne l'ai  que péniblement toléré chez moi.
C’est tata Sylvie qui nous l’avait habilement refilé quand elle avait « changé » son salon. " On ne sait jamais, ça pourra toujours servir à quelqu'un" qu'elle avait déclaré sournoisement. 
Tu m’étonnes, un bloc son truc, un immeuble "décossu" vert émeraude carbonisée, un objet lourd et sans la moindre prise, un cétacé verdâtre qu'on préfère léguer sur place. Le transport à la charge du preneur bien entendu. Et le tour est joué.

Aujourd'hui, on en a chié pour le charger dans ta caisse, qui a fini par l’expulser parce qu’il n'y rentrait pas, tout simplement. C’est avec une abnégation judéo-maso-chrétienne que je t'ai proposé d’essayer avec ma voiture. Décharge et recharge cette grosse merde inconfortable, immense mauvaise herbe qui te glisse d'entre les doigts, enracinée chez moi, dans mon salon, depuis trop longtemps, bordel !
Une fois engouffré dans  ma voiture, son énorme cul vert-horrible, ligoté avec des câbles électriques (parce qu'il y avait pas de sangles), j’ai soupiré en vous voyant toi et ton frère me libérer de ce fardeau. Quand j'ai vu la voiture s'éloigner, j'ai pensé : Yes !!! The good deal.


Le canapé, ce monstre vert-roquefort, n’a pas réussi à passer la porte d'entrée du vieil immeuble de trois étages où tu vis, en plein cœur de Vienne.
Bah... parce que tout simplement y rentrait pas.
L'était trop grand, l'était trop gros, l'était trop vert.
et que moi j'ai juste essayé d'être comme tata Sylvie, juste essayé...



"Bah… j’l’ramène chez toi maman."




....à mon fils...





l'impénétrable dimension




Mon fils a des goûts qui me sont totalement étrangers, incompréhensibles, inexplicables.
Il m'arrive parfois de penser que j'me suis trompée d'étage.



01/05/2013

les crèmes équitables





une nuit à St Chef







Assise par terre, penchée sur la table basse, j'ai coupé les gâteaux,
Le mille-feuilles
Le chou à la crème
La religieuse
et la tartelette au citron,
en six.
putain, j'en avais plein les doigts
J'ai fait un massacre.
Chouquette et Louna,
étaient dans tous leurs états...


Pull à l'envers en haut,
pyjama en bas,
dans le sac de couchage,
je vis mes instants de momie
Puis une couverture en laine de yak,
plus la petite polaire.
Je transcris
mes dents sont sales
et je souris,
et c'est là que je prends une photo.








30/04/2013

le baiser





Dégrafe tes lèvres,
J'entre dans ton sourire
Avec mes patins


                                                                                                          

le dessert



Marcher sans ramper
Gravir sans courir 
Nager sans couler



29/04/2013

si tu passes par ici...





Titien. Vénus au miroir




J'en suis sincèrement désolée mais je ne regrette rien . Je ne te demande donc pas pardon. Mes "choses" étaient vraies, elles m'appartenaient, je les ai vécues avec honnêteté, dans mon estomac, ma gorge, mes mains, mon lit, mes nuits de lune égarée.
En chialant, en jouissant, en riant, après tout, on en n'a rien à foutre. Aucun regard ne pourra jamais cisailler la pureté du fil qui me reliait à toi. Et c'était beau, et c'était bien.
Je l'écris ici.







28/04/2013



Les extrémistes ont une propension étonnante à tarir la vie. 
Hélas, certaines frustrations nombriliques peuvent rendre jobard.
De frigide à stérile, il n'y a qu'un pas, un nom, un non pas.
Ceci expliquerait cela...



26/04/2013

Mon banquier











                                                                                                                   ...@ ...

25/04/2013

à mon père



Je suis en paix. Je ne divague pas, mon cœur bat, je l’entends cogner sous mes côtes,
Puis une douleur dans le dos, ma nuque centenaire, mes poignets, mes ongles et mes phalanges. Tout est en place.
Et je respire.















24/04/2013

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T&J


- On ne peut rester de marbre devant une tombe sans ornement.
- Il n'est pas de mon ressort de rebondir sur ce genre de sujet.










noche













c'est un macaque sans histoire,
dit-elle de lui,
qui a perdu la mémoire
dans le tréfonds des gants noirs
mais son regard est une véranda
avec le temps, tu le verras
pénétrer la jungle.
Non, non, ne le rencontre jamais.
J'ai regardé au fond du  jeu
Tout ici ?mais tu sais
je suis un vieux sparring partner
et je n'ai jamais vu
une quiétude plus zébrée
plus secrète que celle-ci
Prends le premier bus, pars
tout le reste est déjà poésie.
Il aura plus de quarante ans,
certains applaudissements
désormais
sont dus à l'amour
Non, ne le rencontre jamais.
Il était là dans son sourire
à regarder passer les tram
vieille piste aux éléphants
déroulée sur le macadam

Paolo Conte


/humble "tentative" de traduction: Ma che vuoi tradure ?




23/04/2013

patchouli




cache-cache
derrière le cerisier
la lune joue à la marelle
un deux trois soleil



22/04/2013

le sabot







J'ai effectivement abusé. Abusé d'un tas de "choses". Carnivore désabusé. J'ai croqué, bouffé, ripaillé, je me suis piffrée, orgie de tourments féeriques, plateaux de funambules, je me suis engouffré la voie lactée, j'ai englouti la grâce du délit d'être seule, la protection inclinée des grands frères et l'amour infaillible des sœurs.
puis j'ai fait couler un bain et j'ai pissé d'dans.










21/04/2013

l'étreinte








- Combien es-tu ?
- Je suis au moins trois.
- Lequel faudrait-il serrer dans mes bras ?
- Celui que tu ne vois pas.







20/04/2013

bâtard







Je soupçonne mon chien d’être intelligent et névrotique. Il semble savoir que quelque chose a changé et ça le rend nerveux.
Ou bien profite-t-il de la situation pour me faire un pitoyable chantage canin grâce auquel il pourrait pioncer sur mon lit. Ce qui, vous l’admettrez, revient au même.











Balade sous la pluie
Elle allume un feu
Le chien sourit





19/04/2013

22h51




Tu un seigneur,
tu es un roi,
l'élan qui te l'enlève
qui l'éloigne
de toi
ça fait bizarre
ça fait presque
froid
le lit est grand
comme une île
là-bas



18/04/2013

bouddha






Il le savait, elle penserait à lui quand elle en aurait besoin, ou envie, ça dépendrait d'un rien, d'une seconde, d'un grain de sable entre ses fesses, d'une crotte de nez, de règles douloureuses, d'un fou-rire de lucidité, d'un thé noir sous un ciel bleu, d'un pneu crevé ou d'une étoile qui baiserait la nuit.







l'ogre digère
héhé pense le sage
hého crie l'idiot






17/04/2013

soledad






Les cribleuses de blés. Gustave Courbet






Fichtre ! je suis dépecée.  C'est le jeu. Je ne m'y extrais pas. Parce que le travail m'apporte un bonheur indicible.  Solide, mon corps en pièces détachées se ressource la nuit. Presque. Mais c'est déjà ça. Le jeu. Sachant pertinemment que le hasard n'existe pas, je jette pourtant les dés à chaque fois.
C'est doux et bon comme une vie qui prend formeS. Beau comme le patchwork irisé d'un puzzle démantelé. Ça coule en moi depuis toujours, depuis le début. La vie.
C'est ça qu'c'est beau.










16/04/2013

le territoire





Sous la vieille poutre
Un oiseau tricote son nid
Expulsion d'une araignée




15/04/2013

le triangle dort






:-))




tiède
hirsute et noir
ascète oublié
délaissé
silencieux
et discret
comateux
nonchalant
déconnecté
simple organe
d'assisses
plus ou moins
ventousées
élément urinaire
entonnoir à menstrues
endormi
affalé sur un canapé
entre mes jambes,
équilatéral
mon sexe hiberne.










Hépithéliale








je vous le dis, 
la Beauté devrait être un silence nu qui raconte la rencontre d’un corps avec la Nature. 
C'est une histoire d'atomes sans crochets, 
une histoire Belle et Naturelle.





12/04/2013

las pipas




Tu t'en allais souriant chercher les restes d'une fleur fanée,
il t'en fallait si peu pour bâtir un instant de sel,
une graine de tournesol dans la bouche,
que ta langue experte faisait valser,
puis enfin enserrée dans l'étau de tes molaires
dans un bruit sec et enfantin,
tu l'éclatais.



11/04/2013

le mollet



Effleurement de l'ortie
Incendie d'une morsure
La petite jupe mauve



07/04/2013

Il faut mourir un peu pour renaître.









Le bonheur à tout prix, l’épanouissement social, le dynamisme, la jeunesse, la bonne humeur, la légèreté, l'intelligence d'une norme indissociable des diktats, le confort matériel, les réseaux, la multitude, les logorrhées et les engagements de survies. En les observant avec sincérité, en écoutant leurs discours, leurs échanges graissés comme une mécanique sans faille, il était tristement clair et indiscutable que ces gens n’étaient pas heureux. Certes, jusqu’à présent et pour être honnête, lui-même ne l’était pas non plus. Mais peut être qu'à la différence de ces potes (ça l'amusait de ne pas en être certain), autour de cette table avinée et dégoulinante de bouffe, il l’avait admis depuis longtemps, il avait reconnu son douloureux brouillard, il l’avait soigneusement disséqué. Il faut du courage pour allumer la lumière et mettre de l’ordre dans une chambre bordélique. Parfois et c’est profondément humain, on préfère ne pas en ouvrir la porte. Parfois même, il est plus aisé de la condamner et d’en éluder l’existence. Il avait pourtant décidé un jour, sans doute dans un instant de pure folie, d’en traverser le seuil et d’ouvrir grand les fenêtres, de regarder les amas de linge sale, de constater la cruauté du chaos, les toiles d’araignées déployées jusqu’à son cœur comme autant de connexions fragiles et foireuses, les scories d’une existence hémiplégique qui lui avait imposé toutes sortes de cannes et de déambulateurs. Toute cette tristesse qu’il avait fallu cacher, comme une maladie honteuse et morbide.
Brrrr, ça fout froid dans l’dos !







06/04/2013

Euros qui con Subisse...




Combien pour ce besoin créé de toutes pièces dans la vitrine ?



05/04/2013

les lauriers sont brûlés


"de leurs intelligences cafardeuses,
de leurs petites joies de fanfarons, leurs droits originels,
leurs indigences romanesques et imbéciles
toute leur mélasse dans le même charbon
vous vous en foutez,
et c’qu’on veut nous autres,
c’est nous en foutre plein les poches
de plus,
admettez que  nous n’avons pas beaucoup de temps
alors allons droits aux putes.
nous ne savons rien 
de la beauté du Point d'Interrogation,
de sa poésie et de ce qu'il renferme
et de ses terres résineuses
ces pins gorgés de sèves
qui s'accrochent à la peau
et à la mémoire,
et qui scellent pour toujours
un mystère.
la beauté du grain de la vie
le point I
une chose en question
profondément hérétique
dérangée par le vol métallique
d'une punaise dans la nuit
non, nous ne voulons rien savoir de
la beauté du Point D'interrogation, nous n'en savons rien et nous nous en battons
profitablement les couilles entre guillemets"











04/04/2013


Tavernier, qu'on lui serve quelques vers de rêves givrés !
Qu'on lui serve une mousse de rimes désabusées !
Pas la peine de sortir la monnaie,
à La buvette des chiffres imparfaits,
on s'enivre gratos
le zinc incrusté à l'os
le cul posé sur le comptoir
des tessons plein la mâchoire
on se saoule de songes
et de sillons qui avalent
la matière indéfectible
de la beauté
impérissable.







Ça vient de l'intérieur,
de plus profond de moi,
de mes tripes,
lorsque j'émets

un pet.



03/01/2013











La tortue doit reprendre la mer, elle va parcourir un long voyage en solitaire afin d'atteindre un nouveau cycle.
Pour le moment, elle n'a plus rien à raconter de beau ici, c'est une question de survie et d'énergies à concentrer pour le périple qui l'attend.
Mon blog reste ici parce qu'il ne m'appartient plus, vous y êtes sans doute pour quelque chose ;-)
Et je nous garde
et je te garde.



merci








21/12/2012











               Joyeuses Fêtes à tous.



A bientôt


























il est incontestable que mes mots ont un sens.
Toujours le même, 
de gauche à droite.
mais  ne me suivez surtout pas, je suis complètement paumée.







:-)











19/12/2012

la tristesse du plaisir










la solitude est un bonheur douloureux qui ébranle la conscience incongrue et biaisée que l’on a de soi,
ou qui l'exacerbe. Cela dépend du choix qu'on fait, selon son humeur ou son tempérament, suivant aussi du degré de loyauté qu'on s'accorde à soi-même.
























18/12/2012

le faire-part(um)




j'ai perdu mes eaux
la vie expulse un cri
un haïku est né


















Quand je t’écoute,
je traverse mes murailles
un couteau planté dans le ventre,
les synapses sociétales pulvérisées,
dans un hémisphère
de mon crâne.
Demi-coque de noix décérébrée.
Il fait bon t’aimer
quand mon corps
se délie
effondré
sur une bouillotte

incandescente
Quand mes vertèbres
quand mon échine 
presque entières
me racontent
une douleur
à écrire









16/12/2012















la nuit













Elle regardait la tempête, en écoutant la météo, le pif scotché à sa fenêtre. Carreau giflé par l’impact de son souffle chaud contre un froid qui ne la mordait pas. Sur un trottoir, Place des Lilas, bousculé par le vent, de la flotte plein les yeux, il trinquait à la vie en levant des vers en direction de la Grande Ourse disparue sous la pluie. 













15/12/2012









Jeremy Irons / Michel Comte








 Yaya disait : « Il n’y a rien de plus beau qu’un homme qui s’autorise à n’aimer qu’une seule femme à la fois. »












12/12/2012

vingt trois heures dix sept










 René Groebli – the Eye of Love








Tu devais lui écrire comme pour gratter le psoriasis sur tes coudes défigurés. Tu devais lui écrire pour que certains mots aient un sens, pour qu’ils sectionnent les masques farfelus du hasard et qu’on voit en-dessous, les pupilles irisées, les amygdales derrière les dents, la peau , puis les muscles et les tendons, les veines et le sang                                              des mots.














11/12/2012

l'aurifère













Nous étions des enfants. Des enfants du Bois des Chênes. Nous poursuivions le temps des fraises sauvages, armés de frondes gondolées, lance-pierres aux élastiques tous pourris. Nous faisions des herbiers avec des flocons de neige, des cristaux féeriques écrasés sur les pages d’un livre qu’il fallait ouvrir en été.  Nous étions des enfants de la zupe érigée dans la faune et la flore du Bois des Chênes. Nos goûters étaient faits de blé et de levain avec une rangée de carreaux de chocolat, luisant comme un bitume tout neuf.
Les rayons mauves et dorés du soleil glissaient entre les immeubles arlequins. 
Architecture d’un espoir prolétaire aux couleurs affolantes, patchwork d'une illusion urbaine.
Nous étions des enfants, nous n'avions peur de rien à part d'un père, d'un maître ou d'un dieu. Le reste du temps, nous étions des chercheurs d'or.                                          











A Nabil, Khélif, David, mon frère,Laurent, Fadila, Carlos, Marie-Pierre, Angèle, Joséphine, Violette, Fathia, Malika, Hakim, Christophe, Xavier, Alberto, Jean-Michel, Rania, Jean-François, Mémed, Céline, Yasmina, Chirstelle, Yazid, Katia, Carlos, Virginie, Sophie, Corinne, Rachid, Fernand.
A ma soeur.














08/12/2012

el jardi de las Hesperides




















llums y ombres  ALBERT BUZZI







indestructible
embriagador
el perfum
dels carrers
d'un país estirat
sobre el meu hipocamp.
Peix
fregit
entranyes d'una ciutat
salada
per l'aigua
del mar
en els meus corredors,
boires de la vida
emanacions d'una memòria
L'obstinació del olo
de la pell d'una taronja








indestructible
entêtant
le parfum
des rues
d’un pays vautré
sur mon hippocampe.
friture,
poiscaille
entrailles d'une ville
salée
par la tiédeur
de la mer qui déboule
dans mes corridors,
buées de la vie, 
émanations d'une mémoire,
Opiniâtreté des effluves
d’une peau d’orange














05/12/2012

La cuillère de Machiavel













- Chéri, le dîner est ...











- Si t'arrêtais un peu de te foutre de ma gueule.









                                                                                                                                                             @








03/12/2012









Violetta, Helmut Newton










         tu veux des mots nus
sales seuls et indigents
                                    des mots cannibales
qui te font bourlinguer
                dans les rouleaux de ses humus
  Tu ne peux plus

             entendre

                   les lacunes 
                      la suffisance
     des prophéties sous chloroforme.

Il te faut la gifle,

le crachat,

                  la peau éraflée par la toile émeri d’un arbre en colère,

qui te jette

ses pages

          mortes
       à la gueule

La vérité

Rien que sa vérité

             Ensevelie

  Dans tes narines
phéromones

    Obstinées

           Dentelles de sueur






la flamme




Brûlure de l’hiver
Une braise dans la poche
Ecorce gelée


02/12/2012

la piel









Anna Magnani, Richard Avedon










L’étreinte toute déloyale fut-elle, entre midi et deux, se déroula sur le drap d’un lit entâché de rêves. De ces rêves pantouflards et casaniers qui aiment faire la grasse matinée.
Qui était-il dans le prolongement de mes mains, dans la continuité de ma bouche, l’enchaînement de mes lèvres ?
Je savais seulement que j’allais l’aimer alors que mon corps lui, l’aimait déjà.
La peau, sincère et affranchie.
















debout



















Le romantisme est un phénomène sociologiquement et fondamentalement inhérent à la religion judéo-chrétienne.
L’amour lui est une manifestation anthropologique éclairée, identifiée et intégrée probablement lors des premiers rites funéraires de l’Homme simiesque dans son élévation.
Oui, vous me direz, admettons, et alors ?
Alors, je suis une guenon qui prie quelque fois.














30/11/2012















merci











28/11/2012











merci à Facie Populi











C’est une épine
que j’ai dans la main,
une petite aiguille
deux trois fois rien

j’en fais tout un plat
un truc dans la chair
qui m’irradie le bras
la belle affaire

j’ai bu la musique
c’était la pluie
des notes cylindriques
tombées de la nuit










palabras



















Les mots divins, les mots en vains,
Les mots de plus, les motus
Les mots pour rire, les mots d’amour
Les mots dits pour te maudire
Les mots bruissants comme des rameaux
Les mots ciselés comme des émaux
La faim de mots, la soif de mots
Qui disent quelque chose
Les mots chéris qui sur mes lèvres
N’ont pas trouvé leur place
Les mots muets, les mots buée
Comme un baiser sur la glace
Les mots bouclés, clés de l’espace
Les mots oiseaux qui laissent des traces
Les mots qui tuent, les mots qui muent
Les mots tissant l’émotion
Les mots pâlis, les mots salis
Les mots de prédilection
Les mots qui te caressent comme des mains
Les mots divins, les mots devins
Les premiers mots
La faim des maux

Claude Nougaro, 1990.